14 Oct 2007
Un mois s'est passé depuis la radiographie. En fait nous l'avions oubliée, puisque les malaises d'Olivier sont rentrés dans l'ordre. Il est en forme. De plus le médecin ne rappelle pas quand tout est normal. C'est donc la conclusion qu'on avait tirée. Mais aujourd'hui nous avons un appel du Dr. Bernier. Le radiologiste recommande qu'un TACO du thorax soit fait. Une ombre semble présente au niveau du médiastin (c'est l'espace entre les poumons). Le Dr nous dit que ce n'est probablement rien, mais vaut mieux s'en assurer. "Ne perdez pas le sommeil pour ça" me dit-il... OK, je passe prendre la prescription à la clinique et c'est à moi de faire des appels dans différents hôpitaux pour trouver un rendez-vous à une date convenable... soit le plus tôt possible. J'appelle différents hôpitaux. On me demande si c'est avec ou sans injection ??? Je n'en ai aucune idée. On me demande de faxer la prescription (ben oui tout le monde a un fax à la maison...) et tous sont rendus au mois de mars pour les rendez-vous !!! 5 mois à se poser des questions, à vivre dans l'inquiétude... très peu pour moi. Je continue mes appels. Finalement l'Hôtel Dieu de Lévis est prêt à nous recevoir le lendemain... Sauf que le lendemain on doit déjà être au CHUL pour Alexis (mon 2ième) qui doit subir une intervention pour son coeur (il fait de l'arythmie et a un pacemaker depuis l'âge de 4 ans). Je négocie donc un rendez-vous pour le lundi suivant (Olivier a toujours congé le lundi... ). C'est quand même incompréhensible que dans la même région, pour un même test on ait une attente de 5 mois pour un hôpital et de 1 jour pour l'autre. Comment font les personnes âgées dans cette jungle?
21 Oct 2007
Aujourd'hui c'est le TACO. Finalement le vrai nom c'est Tomodensitométrie thoracique avec infusion de produit de contraste intraveineux. On arrive tôt le matin et Olivier est assez nerveux. Il n'a jamais aimé les aiguilles, prise de sang, etc... Il a beau faire 6 pieds, il n'est pas plus courageux pour autant... Je commence à comprendre pourquoi le délai à Lévis est si court pour les rendez-vous. Ils ont un technique qui consiste à remplir au maximum le local (et parfois aussi le corridor) avec les patients. Mais au moins c'est efficace, peut-être moins confortable (il faudrait rajouter des chaises...) mais au moins ça permet d'avoir l'examen rapidement. Certains ont un liquide à boire, la plupart ont à avoir un soluté pour l'injection du produit de contraste (de l'iode) mais certain n'ont ni breuvage, ni soluté. Après avoir enfilé une jaquette, Olivier vient me retrouver dans le corridor. Il doit avoir une injection (intraveineuse) pour le soluté. Il retombe en enfance... j'ai l'impression qu'il a 6 ans. "On s'en retourne, je ne reste pas ici, je ne serai pas capable, je vais perdre connaissance, etc....". Il est en panique. J'essaie de le raisonner, ce n'est pas facile. "Olivier on n'a pas le choix, il faut en avoir le coeur net!". J'entre voir les infirmières pour m'assurer que le soluté est vraiment indispensable. Elles me rassurent, elles s'en occuperont quand ce sera le temps... Finalement elles le font coucher le temps d'installer le soluté. Puis Olivier négocie la permission de me retrouver dans le corridor. Il s'amène avec son poteau de soluté et a besoin de se changer les idées. Heureusement quelques vielles dames sont aussi dans le corridor et se chargent de faire la conversation. C'est fou comme certaines personnes peuvent en dire long en si peu de temps. La dame arrive de l'Espagne, elle souffre de fibromyalgie, elle a un frère mort assassiné, etc, etc... Au moins ça change les idées... Puis Olivier est appelé, il doit se coucher sur une sorte de civière. Il ne doit pas bouger, à peu près pas respirer. On lui injecte un liquide qui lui donne un mauvais goût dans la bouche. Il a chaud. Mais c'est fini. Au moins ça ne dure pas trop longtemps. Je le félicite, je suis fière de lui. Il a passé son test. Il m'avoue s'être raisonné en se disant m'avoir déjà fait manqué mon avant-midi de travail, on n'était pas pour revenir bredouille à la maison...
On nous dit que le médecin devrait avoir les résultats d'ici 10 jours.
07 Nov 2007
Lundi 5 Novembre, toujours pas de nouvelle. J'appelle à la clinique et demande au Dr. Bernier de me rappeler.
Mardi 6 Novembre j'appelle à nouveau et j'explique le cas: On attend les résultats d'un TACO passé il y a plus de 10 jours.
En soirée, le docteur rappelle et demande à parler à Olivier. Il lui demande de passer à la clinique le lendemain soir et, si possible, accompagné de ses parents...
Là on perd vraiment le sommeil!... On sait que c'est grave, que ce ne sera pas de bonnes nouvelles.
Le lendemain mercredi 7 novembre, j'essaie de travailler (je fais du télétravail à partir de la maison) quand je reçois un appel de l'Hôtel Dieu de Québec (Hôpital spécialisé en oncologie à Québec). La dame me confirme un rendez-vous pour Olivier le vendredi. Pardon? Un rendez-vous pour quoi? Je ne sais même pas ce qu'a mon fils! Oups… pardon c'est vrai, je devais vous appeler seulement demain... je vous rappelle demain alors". Voilà maintenant je sais, c'est sûrement un cancer. J'en pleure un coup... je devais entrer en conférence téléphonique pour une réunion... je fais signe à mon chef d'équipe que je n'y participerai pas. J'en suis totalement incapable. Je ne parle de ce coup de téléphone à personne, la mauvaise nouvelle attendra. Nous nous rendons en soirée rencontrer le médecin et il nous explique qu'il s'agit fort probablement d'un lymphome. Un cancer des ganglions. On pose des questions, on écoute les réponses, on garde son calme. Le cancer des ganglions est un cancer qui se guérit très bien. Il nous explique qu'il a tardé à nous rappeler, le temps qu'il coordonne un rendez-vous à très court terme avec l'Hôtel Dieu. Nous aurons donc un appel sous peu de l'Hôpital !...
Il examine Olivier et tâte un petit ganglion dans le cou. Olivier dit qu'il avait remarqué dernièrement cette petite bosse grosse comme un petit pois mais n'y avait pas apporté grande importance. Oui il a bien des sueurs nocturnes. Sueurs avec un grand "S" car les draps sont trempés et pour arriver à se rendormir il change de côté de lit. Vive un lit Queen quand on dort seul dedans!
17 Déc 2007
Aujourd'hui, encore tempête. Les écoles sont fermées, il ne fait vraiment pas beau. Encore une fois, Richard nous dépose au CRCEO pour le deuxième traitement d'Olivier. Les infirmières agacent Olivier en lui faisant remarquer que chaque fois qu'il a un traitement, il fait tempête. Le tout débute par une prise de sang, on attend les résultats et oh malheur les globules blancs sont trop bas! À peine 1,5 et elles doivent normalement se situer entre 4,8 et 10,8. Elles étaient à 10,1 avant le premier traitement. On s'encourage en se disant qu'au moins ça travaille cette chimio. On lui donne donc une injection de Neupogène et on s'en retourne avec une prescription pour 3 autres injections pour les 3 prochains jours. On reviendra vendredi pour une tentative de traitement. Espérons que tout sera correct car avec le congé des fêtes qui approche ce ne sera pas évident d'avoir un rendez-vous la semaine prochaine. Le Neupogène peut causer des douleurs assez fortes au niveau des os mais ça permet aussi de faire remonter les globules blancs. Chaque injection coûte près de 200$. Ça devrait être couvert par les assurances collectives. La pharmacienne de l'hôpital communiquera avec la compagnie d'assurance.
Les 18, 19 et 20 Décembre je me rends avec Olivier tous les matins au CLSC pour ses injections. Heureusement que je travaille de la maison, ça me rend plus disponible pour tous ces rendez-vous.
21 Déc 2007
Ce matin retour au CRCEO pour le 2ième traitement. On souhaite que cette fois tout sera correct. En effet les globules blancs sont à 18,2, wow! On continuera donc avec le Neupogène (5 injections les jours 8 à 12 du cycle de 14 jours) et si les globules blancs sont aussi hauts encoure la prochaine fois, peut-être que le tout pourrait être revu à la baisse... Peut-être que 3 injections seraient suffisantes.
Le traitement se passe bien. On ressort vers l'heure du midi et comme je ne travaille pas le vendredi, on n'est pas trop pressé et on se paye un petit dîner dans une petite crêperie de la rue Saint-Jean.
On passera des petites fêtes tranquilles cette année car on ne veut pas trop qu'Olivier attrape de microbe, de virus ou quoi que ce soit. Donc pas de party au jour de l'an chez-nous cette année. Pour Noël on ira à St-Pascal et à St-Bruno mais on verra ça au fur et à mesure. On ne descendra pas trop longtemps car Olivier doit recevoir ses injections de Neupogène du 28 Déc au 1 Janvier.